Le TNT a une nouvelle Présidente
- corentinbuchaudon8
- il y a 4 heures
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Interview de Caroline HUBERTY
nommée Présidente de l'association le 11 mai 2026
« Les frontières sont des lieux de rencontres, d'échanges et de partage des cultures. C'est au sein des territoires transfrontaliers que se forgent des espaces communs de développement et de citoyenneté européenne. »— Mission Opérationnelle Transfrontalière (MOT)

Caroline Huberty, vous êtes native de ce territoire frontalier. En quoi cela façonne-t-il votre vision de la coopération transfrontalière ?
CH: Depuis ma naissance je vis au Bache Jang, sur la frontière franco-luxembourgeoise. Cet ancien café-restaurant, construit en 1883, c’est toute mon enfance. Les Français et les Luxembourgeois s'y retrouvaient naturellement, sans se poser de question. Pour les Luxembourgeois c’était « de Bache Jang », pour les Français « chez Franck ». Les ouvriers-mineurs de toutes nationalités s'y croisaient. Lors de la deuxième guerre-mondiale, ma grand-mère aidait des personnes à traverser et à se cacher. Ce territoire, c'est mon histoire.
Et c'est précisément parce que je l'ai vécu de l'intérieur — dans ma chair, dans ma famille — que je veux aujourd'hui rapprocher les citoyens : culturellement, à travers notre passé minier et industriel commun, naturellement, et humainement. Ce que j'ai reçu, je veux aider à le transmettre.
Le TNT Chiers-Alzette s'appuie sur une « logique européenne ». Concrètement, qu'est-ce que cela change dans le quotidien des habitants ?
CH: La logique européenne, ce n'est pas une abstraction ici. Elle se vit tous les jours sur ce territoire. Travailler ensemble — des deux côtés de la frontière — pour concevoir des projets communs qui profitent aux citoyens des deux territoires, c'est ce qui rend l'Europe réelle et tangible.
Ce ne sont pas des discours à Bruxelles : ce sont des projets que les gens voient, touchent et vivent dans leur quartier, leur rivière, leur festival. C'est ça, l'Europe dont je veux être la porte-parole dans le contexte de notre projet.
Qui sont les acteurs clés autour du TNT, et comment renforcer ces liens ?
CH: Nos partenaires, ce sont les communes membres, les associations locales, les acteurs culturels et environnementaux des deux côtés de la frontière. Mon ambition, c'est de renforcer ces liens en créant davantage d'occasions de se rencontrer — pas seulement entre élus ou professionnels, mais surtout entre citoyens. La coopération commence avec les habitants.
Quels projets vous tiennent le plus à cœur pour ce mandat ?
CH: Le projet Rivières me tient particulièrement à cœur. L'idée de travailler sur la Crosnière / Côte Rouge, cette rivière transfrontalière, va permettre de rapprocher les citoyens autour de l'eau — renaturation, biodiversité, usages partagés — c'est exactement la vision que je défends. L'eau n'a pas de frontière.
Mais au-delà de l'écologie, je veux aussi des projets culturels forts : valoriser notre patrimoine minier commun, créer des événements visibles des deux côtés, faire vivre notre identité transfrontalière. La culture est le ciment du vivre-ensemble.
Qu'attendez-vous concrètement des membres de l'association ?
CH: J'attends de l'engagement, de la curiosité, et l'envie de dépasser les réflexes nationaux. Notre force, c'est de penser et d'agir ensemble, en décloisonnant les acteurs. Je veux une association où chacun se sent porteur du projet commun — pas seulement spectateur. C'est collectivement que nous ferons la différence.
Comment impliquer davantage les communes voisines et les habitants qui ne connaissent pas encore le TNT ?
CH: En allant vers eux. En rendant notre travail visible et concret. Un projet sur les rivières, une fête transfrontalière, une exposition sur l'histoire minière commune, un réseau de sentiers partagés : c'est ça qui donne envie de rejoindre l'aventure. Les citoyens s'approprient ce qu'ils peuvent voir, toucher et dont ils se sentent acteurs.
Native du territoire, présidente aujourd'hui — quel message pour les habitants des deux côtés de la frontière ?
CH: Ce territoire est une chance. Il porte en lui une histoire minière et industrielle, une histoire de résistance, de solidarité, de rencontres et d’échanges. Aujourd'hui, c'est à nous — ensemble — de construire son avenir. Je suis fière d'en être native, et encore plus fière d'être la Présidente du TNT. Faisons de notre frontière une force, et de notre diversité une richesse.





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